Les oeuvres de Pierre et Gilles sont immédiatement reconnaissables. Leur procédé de réalisation, leurs thématiques, le "genre" du portrait, leur "facture", comme on le disait des peintres classiques, convergent en un point unique. Des images dont la poésie est tout entière contenue dans leur usage : le portrait et donc le souvenir, l'émotion d'une présence, la trace d'un temps passé, la célébration d'une figure...
Chez Pierre et Gilles, qui font de la figure humaine leur sujet, cette gradation de l'ombre à la lumière n'est pas une aporie, pas plus qu'elle ne s'érige en paradigme. C'est justement dans les passages entre ces registres, dans leur brouillage subtil, dans leur combinaison et leur redistribution que naissent les tensions fécondes, que se forment de nouvelles manières de penser.
Les héros et l’éros se…
